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Bienvenu sur mon nouveau blog, vous y trouverez des légendes, des poémes,
peut-être quelques photos de filles complétement folles et des photos qui n'ont absolument rien a voir avec le reste.

*Photo d'Armand le plus beau des vampires d'Anne Rice

# Posté le samedi 20 mai 2006 14:16

Modifié le mardi 12 juin 2007 01:43

Poéme au sujet d'Armand

Poéme au sujet d'Armand
Crimen Amoris de Paul Verlaine

Dans un palais, soie et or, dans Ecbatane,
De beaux démons, des satans adolescents,
Au son d'une musique mahométane
Font litière au Sept Péchés de leurs cinq sens.

C'est la fête aux Sept Péchés : ô qu'elle est belle!
Tous les Désirs rayonnaient en feux brutaux;
Les Appétits, pages prompts que l'on harcèle,
Promenaient des vins roses dans des cristaux.

Des danses sur des rhythmes d'épithalames
Bien doucement se pâmaient en longs sanglots
Et de beaux ch½urs de voix d'hommes et de femmes
Se déroulaient, palpitaient comme des flots,

Et la bonté qui s'en allait de ces choses
Était puissante et charmante tellement
Que la campagne autour se fleurit de roses
Et que la nuit paraissait en diamant.

Or le plus beau d'entre tous ces mauvais anges
Avait seize ans sous sa couronne de fleurs.
Les bras croisés sur les colliers et les franges,
Il rêve, ½il plein de flammes et de pleurs.

En vain la fête autour se faisait plus folle,
En vain les satans, ses frères et ses s½urs,
Pour l'arracher au souci qui le désole,
L'encourageaient d'appels de bras caresseurs :

Il résistait à toutes câlineries,
Et le chagrin mettait un papillon noir
À son cher front tout brûlant d'orfèvreries :
O l'immortel et terrible désespoir !

Il leur disait : « 0 vous, laissez-moi tranquille! »
Puis les ayant baisés tous bien tendrement
Il s'évada d'avec eux d'un geste agile,
Leur laissant aux mains des pans de vêtement.

Le voyez-vous sur la tour la lus céleste
Du haut palais avec une torche au poing ?
Il la brandit comme un héros fait d'un ceste :
D'en bas on croit que c'est une aube qui point.

Qu'est-ce qu'il dit de sa voix profonde et tendre
Qui se marie au claquement clair du feu
Et que la lune est extatique d'entendre ?
« Oh! je serai celui-là qui créera Dieu !

« Nous avons tous trop souffert, anges et hommes,
«De ce conflit entre le Pire et le Mieux.
« Humilions, misérables que nous sommes,
« Tous nos élans dans le plus simple des v½ux.

« 0 vous tous, ô nous tous, ô les pécheurs tristes,
« 0 les gais Saints ! Pourquoi ce schisme têtu?
« Que n'avons-nous fait, en habiles artistes,
« De nos travaux la seule et même vertu .

« Assez et trop de ces luttes trop égales!
« Il va falloir qu'enfin se rejoignent les
« Sept Péchés aux Trois Vertus Théologales !
« Assez et trop de ces combats durs et laids!

« Et pour réponse à Jésus qui crut bien faire
« En maintenant l'équilibre de ce duel,
« Par moi l'enfer dont c'est ici le repaire
« Se sacrifie à l'Amour universel ! »

La torche tombe de sa main éployée,
Et l'incendie alors hurla s'élevant,
Querelle énorme d'aigles rouges noyée
Au remous noir de la fumée et du vent.

L'or fond et coule à flots et le marbre éclate;
C'est un brasier tout splendeur et tout ardeur;
La soie en courts frissons comme de l'ouate
Vole à flocons tout ardeur et tout splendeur.

Et les satans mourants chantaient dans les flammes
Ayant compris, comme ils étaient résignés
Et de beaux ch½urs de voix d'hommes et de femmes
Montaient parmi l'ouragan des bruits ignés.

Et lui, les bras croisés d'une sorte fière,
Les yeux au ciel où le feu monte en léchant
Il dit tout bas une espèce de prière
Qui va mourir dans l'allégresse du chant.

Il dit tout bas une espèce de prière,
Les yeux au ciel où le feu monte en léchant...
Quand retentit un affreux coup de tonnerre
Et c'est la fin de l'allégresse et du chant.


On n'avait pas agréé le sacrifice :
Quelqu'un de fort et de juste assurément
Sans peine avait su démêler la malice
Et l'artifice en un orgueil qui se ment.

Et du palais aux cent tours aucun vestige,
Rien ne resta dans ce désastre inouï,
Afin que par le plus effrayant prodige
Ceci ne fût qu'un vain rêve évanoui ...

Et c'est la nuit, la nuit bleue aux mille étoiles.
Une campagne évangélique s'étend
Sévère et douce, et, vagues comme des voiles,
Les branches d'arbre ont l'air d'ailes s'agitant.

De froids ruisseaux courent sur un lit de pierre;
Les doux hiboux nagent vaguement dans l'air
Tout embaumé de mystère et de prière;
Parfois un flot qui saute lance un éclair.

La forme molle au loin monte des collines
Comme un amour encore mal défini,
Et le brouillard qui s'essore des ravines
Semble un effort vers quelque but réuni.

Et tout cela comme un c½ur et comme une âme,
Et comme un verbe, et d'un amour virginal
Adore, s'ouvre en une extase et réclame
Le Dieu clément qui nous gardera du mal.

# Posté le samedi 20 mai 2006 14:19

Les fleurs du Mal

Les fleurs du Mal
La Fontaine de Sang de Baudelaire
Il me semble parfois que mon sang coule à flots,
Ainsi qu'une fontaine aux rythmiques sanglots.
Je l'entends bien qui coule avec un long murmure,
Mais je me tâte en vain pour trouver la blessure.

A travers la cité, comme dans un champ clos,
Il s'en va, transformant les pavés en îlots,
Désaltérant la soif de chaque créature,
Et partout colorant en rouge la nature.

J'ai demandé souvent à des vins captieux
D'endormir pour un jour la terreur qui me mine ;
Le vin rend l'½il plus clair et l'oreille plus fine!

J'ai cherché dans l'amour un sommeil oublieux ;
Mais l'amour n'est pour moi qu'un matelas d'aiguilles
Fait pour donner à boire à ces cruelles filles!

# Posté le samedi 20 mai 2006 14:46

'HEAUTONTIMOROUMENOS

'HEAUTONTIMOROUMENOS
L'HEAUTONTIMOROUMENOS
Baudelaire
Je te frapperai sans colère
Et sans haine, ? comme un boucher !
Comme Moïse le rocher,
? Et je ferai de ta paupière,


Pour abreuver mon Saharah,
Jaillir les eaux de la souffrance ;
Mon désir gonflé d'espérance
Sur tes pleurs salés nagera



Comme un vaisseau qui prend le large,
Et dans mon c½ur qu'ils soûleront
Tes chers sanglots retentiront
Comme un tambour qui bat la charge !


Ne suis-je pas un faux accord
Dans la divine symphonie,
Grâce à la vorace Ironie
Qui me secoue et qui me mord ?


Elle est dans ma voix, la criarde !
C'est tout mon sang, ce poison noir !
Je suis le sinistre miroir
Où la mégère se regarde.


Je suis la plaie et le couteau !
Je suis le soufflet et la joue !
Je suis les membres et la roue,
Et la victime et le bourreau !


Je suis de mon c½ur le vampire,
? Un de ces grands abandonnés
Au rire éternel condamnés,
Et qui ne peuvent plus sourire !
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# Posté le lundi 22 mai 2006 18:32

mon recueil

mon recueil
J'adore Baudelaire pour ceux qui ne l'aurait pa remarqué...

# Posté le lundi 22 mai 2006 18:44